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27/01/2012

Mutuelles et assurances privées moins solidaires et égalitaires que la Sécu

capture d'écran huffington post

La santé dans le débat présidentiel

"La santé s'invitera-t-elle au débat présidentielle", c'est le titre d'un article dont je vous recommande fortement la lecture, en plus de refléter la majeure partie des mes idées personnelles sur les questions abordées, cet article qu'on peut qualifier de fond est l'oeuvre de Grimaldi, Diabétologue au CHU la pitié Salpétrière.

La part croissante de l'assurance santé laissée au secteur mutualiste et aux assurances privées

Ce dernier regrette la part croissante des dépenses de santé laissée aux assureurs complémentaires santé, que ces derniers relèvent du secteur mutualiste, ou du secteur privé (les assureurs de la FFSA essentiellement). Les institutions de prévoyance spécialisées dans la complémentaire entreprise se situant un peu à part dans cette problématique.

Des assureurs qui pénalisent forcément les faibles revenus : démonstration

L'argument de Monsieur Grimaldi est on ne peut plus limpide : L'inconvénient des mutuelles et assurances privées, c'est tout simplement qu'elles sont moins égalitaires : Elles pénalisent les patients à faibles revenus. Cette notion d'égalité n'étant pas forcément claire pour tout le monde, je préciserait que c'est le coût d'acquisition de cette protection complémentaire qui est moins égalitaire, et à fortiori moins équitable :

  • Mes revenus sont faibles : Mais mes cotisations sociales sont proportionnelles à mon revenu (si l'on introduit de la progressivité dans la CSG comme le souhaite François Hollande, il y aura de plus un effet redistributif).
  • Si mes revenus sont faibles : le coût de ma complémentaire santé n'est pas calculé en pourcentage de mon revenu, comme pour l'assurance obligatoire : Cette protection me coûtera - à contrat similaire -autant que quelqu'un qui gagne X fois plus que moi.

Les patients disposant de faibles revenus, et ne pouvant pas pour autant bénéficier de la CMU-C ont donc tout intérêt à ce que la part de l'assurance obligatoire reste prépondérante, or depuis quelques années, cette dernière par des mécanismes parfois subtils, ne cesse de s'effriter : Dans le même temps la part des dépenses de santé dans le budget des Français n'a cessé de progresser.

assurance santé.jpg-auto-consom

(source : assurance-auto-consommateur)

Le coût de la concurrence et de la comparaison

Autre argument d'importance, comme le note André Grimaldi, les mutuelles et les assurances privées sont surtout moins  "efficientes" : Leurs frais de gestion et de communication seraient compris d'après lui entre 15 et 25 % de leur chiffre d'affaire alors que pour la Sécurité sociale ils représentent  moins de 5 % des "recettes". Cette différence ne va bien évidemment pas se réduire avec la concurrence acharnée que se livrent les assurances, par comparateurs de mutuelles interposés, avec des courtiers qui tentent là aussi d'attiser les braises, créant une surenchère de la comparaison... Une comparaison qui malheureusement a un coût pour le consommateur qui voit mécaniquement se traduire en augmentations de tarifs les budgets publicité et référencement des assureurs. Autre pendant de cette logique, le développement des contrats low-cost, à faibles garanties, ne couvrant par exemple que bien insuffisamment les dépassements d'honoraires, le tout sur fond de revalorisation insuffisante des actes par l'assurance maladie...

Source :  http://www.huffingtonpost.fr/andre-grimaldi/sante-debat-p...

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11/10/2010

Nicoretteskin : un nouveau pach à 25 mg pour les gros fumeurs

 

patch-anti-tabac-rembourse-par-les-mutuelles-sante.jpg

 

D'après le quotidien du pharmacien, ce serait l'une des innovations thérapeutiques de la rentrée, un patch dédié aux fumeurs fortement dépendants.  Les gros fumeurs ont des besoins spécifiques et la nouvelle gamme de patchs Nicoretteskin prendrait mieux en compte leur dépendance.
Je viens de trouver cette info sur le site du quotidien du pharmacien, mais l'article est de toute évidence rédigé au moins pour partie par les marketeurs du labo, et donc à prendre peut-être avec un certain recul.

La grosse nouveauté : un gros dosage à 25 mg sur 16 h

D'après l'article le secret d’un sevrage réussi tiendrait en premier lieu « dans l’adaptation optimale du dosage au profil du fumeur et sur une durée de traitement suffisante ». Dans cette perspective, l’intérêt de la solution Nicoretteskin est qu’elle réduirait les sensations de manque dès les premiers jours de traitement et surtout que la gamme comprendrait trois dosages différents, le  dosage le plus élevé  (celui, donc le plus adapté aux fumeurs fortement dépendants - niveau 7 du test de Fagerström ) se situant à 25 mg/16heures. Intérêt de la chose, un dosage à 25 mg éviterait la superposition de patchs de différents dosages, (je crois que le dosage le plus élevé jusqu'ici était de 21mg sur 24 heures). 

L’ensemble du traitement Nicoretteskin est indiqué pour un sevrage immédiat en monothérapie et en association avec Nicorette gommes 2 mg ou un inhaleur 10 mg sur avis médical (pour rapporter encore plus de sous aux labos). Le dispositif transdermique (en clair le patch) bénéficierait par ailleurs « d’une nouvelle technologie seconde peau » , semi-transparent « pour plus de discrétion », plus petit (22,5 cm2) et il épouserait mieux la forme et les mouvements de la peau. « Autant d’atouts qui facilitent l’observance »  (quand je parlais d'un article au contenu quelque peu publicitaire vous voyez que je n'exagérais rien).

Arrêter de fumer, une opération qui coûte cher aux fumeurs !

La durée du traitement dépend de la réponse individuelle du fumeur, sachant qu'elle doit être au minimum de trois mois, sans dépasser six mois de traitement. Sachant qu'à une vingtaine d'euros la boîte de 7 (prix des concurrents), on ne doit pas être trop encouragé à faire durer les choses...

On trouvera Nicoretteskin en boîtes de 7 et 28 patchs. Dans l'article de quotipharm, on on apprend d'autre part que « différents moyens ont été mis en place pour accompagner la pédagogie autour de Nicoretteskin auprès des fumeurs et des professionnels de santé (tabacologues, médecins généralistes, pharmaciens, personnel hospitalier) » : bref un gros boulot des visiteurs médicaux en amont...

évidemment tout le monde n'a pas les moyens de s'offrir ces traitements fort couteux, mais de plus en plus de complémentaires santé remboursent les traitements d'arrêt du tabac - et communiquent d'ailleurs sur cette question, une telle démarche s'inscrit aussi bien évidemment dans une optique de prévention de la part des OCAMs, quand on connait les risques (et leurs coûts) associé au tabac, la chose n'a rien d'étonnant en soi. Ces prises en charges s'effectuent généralement dans le cadre d'un forfait « médicaments non remboursés ». Inutile de dire qu'après « application du patch » les forfaits seront sérieusement entamés...

Pour passer le test de Fagerström
http://www.automesure.com/Pages/tabac.htm

08/09/2010

Les communautés de patients, des outils de mise en relation avec les patients

 

PatientsLikeme : une communauté à l'américaine

Patientslikeme est une des plus gros sites de communautés de patients aux USA, où le modèle est déjà bien développé. En France, le phénomène monte actuellement en puissance, même s'il n'existe pas encore à ce jour d'initiative comparable en termes d'extension, à PatientslikeMe.

business-model-communautes-de-patients.jpg

Je consacrerai un article de fond à venir sur les communautés de patients et sur les sites permettant leur déploiement. Nous verrons qu'il existe un certain nombre de modèles aux caractéristiques fort différentes.  Vous ne serez probablement guère étonné d'apprendre que les entreprises pharmaceutiques sont derrière un certain nombre d'initiatives, ce qui n'est pas totalement illogique puisqu'elles fabriquent les médicaments destinés à ces même patients, et que les communautés, sont un moyen indirect d'entrer en relation avec les patients.

Ce n'est pas forcément une mauvaise chose, même s'il convient bien sûr d'encadrer ces pratiques : Autour de cette présence se placent bien évidemment des enjeux, notamment en termes de régulation, par les pouvoirs publics, (en particulier par les autorités de santé) : Un domaine ou de nombreuses choses restent à inventer. à titre d'exemple introductif, je vous invite à consulter http://www.lavoixdespatients.fr/ ; la communauté de patients mise en place par la fondation Roche autour des maladies chroniques.

Un screen du site "la voix des patients" :

communautes-de-patients-fondation-roche.jpg

 


http://www.mutualite.fr/L-actualite/Kiosque/Revues-de-pre...

18/08/2010

Pourquoi les mutuelles souhaitent faire baisser les dépenses de biologie médicale

biologie-médicale.jpg

 

Alors que L’UNOCAM (L'instance représentative des organismes complémentaires santé) a proposé en juillet dernier dans son plan de mesures d’économie pour l’assurance maladie obligatoire sur 3 ans (http://www.ctip.asso.fr/presse/communiques_de_presse/2298...)  de réduire significativement les dépenses de biologie médicale, il m'a paru opportun de faire un rapide tour d'horizon de la question :

Plusieurs rapports présents sur le site de la Documentation française traitent du sujet :
La biologie médicale libérale en France : bilan et perspectives
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/cgi-bin/br...

voir notamment :

  • Le 1.2 : L'activité biologique et les dépenses de l'Assurance maladie ont augmenté fortement depuis 20 ans
  • Le 1.3. Le secteur assure une excellente rentabilité, qui assure aux "biologistes" des revenus en progression rapide


Rapport pour un projet de réforme de la biologie médicale

http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/cgi-bin/br...
Consulter notamment,

  • Le 6 : Une obligation éthique : l'éfficience des dépenses de santé
  • Le 5-4 : La spécificité des laboratoires de biologie privés à but lucratif.


Rappelons que la réforme préconisée dans ces rapports ont été entérinées au moins pour partie  par l'ordonnance n° 2010-49 du 13 janvier 2010 relative à la biologie médicale. Dans sont article  L. 6223-4  qui constitue « une des mesures prudentielles censée protéger la profession de sa financiarisation accelérée », il est ainsi stipulé :

«l’acquisition, par une personne physique ou morale, de parts sociales de sociétés exploitant un laboratoire de biologie médicale n’est pas autorisée lorsque cette acquisition aurait pour effet de permettre à cette personne de contrôler, directement ou indirectement, sur un même territoire de santé infrarégional, une proportion de l’offre de biologie médicale supérieure à 33 % du total des examens de biologie médicale réalisés»


Mais comme vous le verrez à la lecture de l'article cité plus bas (dont je vous recommande fortement la lecture), cette mesure ne préserve pas semble-t-il d'une financiarisation du secteur, un extrait pour comprendre de quoi il s'agit :
« Sur tout le territoire national, dans une nouvelle organisation multi sites et par un savant maillage, préparez vous à avoir le choix entre 2 à 3 chaines (si l’on tient compte de l’offre dispensé par le secteur public). Ca tombe bien, ils sont justement 4 opérateurs privés à être dans les starting block »

Aller plus lon :

Quels sont les acteurs de la financiarisation historique de la Biologie Médicale française?

Lire aussi cette introduction fort instructive à une étude de Xerfi, pour comprendre le rôle de l'UE. Pour une chronique au jour le jour de la réforme, vous pouvez aussi consulter le blog Labmutation.

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16/08/2010

Quand L'hôpital public part en guerre contre les idées reçues

federation-hospitialiere-de-france.jpg

En juillet dernier, la Fédération hospitalière de France (qui représente donc l'Hôpital public) a publié une brochure pour dénoncer certaines idées reçues à propos de l'hôpital public.
Réponse du berger à la bergère  : était visée bien sûr notamment la dernière campagne (« Sauvons la Sécu ») de la FHP (qui elle représente les intérêts de l'hôpital privé), ainsi que ses prises de positions sur l'alignement des tarifs public/privé. Était visée aussi l'émission des « infiltrés » diffusée le 18 mai dernier, consacrée rappelons-le aux dysfonctionnements constatés à l'intérieur des services de psychiatrie publics. (sur la question, lire ceci : http://www.syndicat-infirmier.com/Camera-cachee-dans-un-s...).

Les mots de l'éditorial introduisant la brochure sont durs. C'est: « pour mettre un terme à la diffusion, par ignorance ou par malveillance, de ces idées reçues sur le service public hospitalier », que la FHF s'attache ainsi à « démonter » certaines idées reçues. Pourtant les Français sont attachés à l'hôpital public (c'est d'ailleurs tout leur intérêt), comme le montrent très bien les résultats d'un sondage TNS SOFRES d’avril 2010  ( plus de 82%  d'opinions positives).


Un reste à charge beaucoup plus élevé pour les patients

Parmi les 10 idées reçues exposées, je me contenterai de faire référence au neuvième point qui me paraît capital : « L'accès aux soins en clinique (privée) ne pose pas de problèmes financiers aux usager », estampillé « Faux » bien évidemment sur la brochure :
Si le document souligne bien qu'au niveau prise en charge l’Assurance maladie et le volet complémentaire santé restent encore largement majoritaires, il rappelle en effet que de nombreuses mesures (déremboursements, forfaits, franchises, dépassements d’honoraires, etc.) font régulièrement croître depuis quelques années, le reste à charge des patients. Un reste à charge pour les ménages en moyenne trois fois plus élevé en clinique privée qu’à l’hôpital. Mis à part le problème du refus de soins pour les détenteurs de la CMU-Complémentaire (sur lequel je ne m'étendrai pas ici), on imagine bien que l'accès aux cliniques privées est réservé à ceux qui possèdent les contrats complémentaires santé les plus protecteurs, donc les plus coûteux,  car les offres à bas prix qui deviennent monnaie courrante si elles sont suffisantes pour les "dépenses courantes", présentent souvent des garanties insuffisantes pour se prémunir des gros restes à charge à débourser en cliniques privées.  Il n'est pas inutile à ce titre de rappeler que 10% des Français sont encore dépourvus de mutuelles, en grande partie pour des raisons financières (le dispositif de l'aide à la complémentaire santé orientant lui de manière préférentielle les assurés vers des offres à faibles niveaux de garantie).

 

Des dépassements d'honoraires importants

Explication de cette "inflation des prix" dans le privé? Tout simplement les dépassements d’honoraires :  Les dépassements dans les cliniques privées représenteraient à eux seuls plus de 85 % du total des dépassements, et seraient en forte augmentation d'ailleurs ; alors qu’ils ne concernent que 5 % des praticiens hospitaliers (Pour être honnête : nulle mention dans le document de l'activité libérale exercée au sein de l'hôpital public). Aux dépassements d’honoraires s’ajouteraient en outre pour les patients des "suppléments hôteliers" quasi systématiques.

 

Aller plus loin :


Le doc de la FHF
http://fichiers.fhf.fr/documents/Hopital_public_pour_en_f...
Et l'éditorial de présentation :
http://www.fhf.fr/Informations-Hospitalieres/Actualites/E...

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