16.03.2010
Diététicien et médecin nutritionniste : une nuance importante pour les mutuelles santé
Prise en charge des complémentaires santé et de l'assurance maladie
Pour les traitements conventionnels faisant appel à des spécialistes de la nutrition, attention de ne pas confondre :
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Le diététicien (d'après ce que j'ai compris sa formation consisterait en un IUT Génie Biochimique avec une spécialisation en diététique, ou un BTS de diététique) qui n'est donc pas remboursé par l'assurance maladie, mais dont les consultations peuvent être prises en charge par les mutuelles avec certaines garanties (attention ça va vite, celles-ci s'inscrivent d'ordinaire dans le cadre d'un forfait annuel qui varie en fonction de la formule : plus celle-ci est chère, plus le montant du forfait est important).
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Le médecin nutritionniste, spécialisé dans la prise en charge des maladies de la nutrition (diabète et obésité notamment) : Vous pouvez alors bénéficier d'une prise en charge de l'assurance maladie, selon le type de convention du médecin. Attention généralement, les médecins nutritionnistes pratiquent les dépassements d'honoraires, là aussi vous aurez intérêt à avoir une mutuelle remboursant bien les dépassements..
Pour les médicaments ils ne sont pas remboursés par l'assurance maladie, ils peuvent malgré tout être pris en charge dans le cadre de certains contrats complémentaires santé,
Enfin en ce qui concerne la chirurgie Celle-ci est prise en charge à 100 % par la sécurité sociale pour les Indices de masse corporelle supérieurs à 40, ou supérieurs à 35 avec co-morbidité (pour info une personne d'1M75 avec un poids de 130 kg présente un IMC de 42,4).
L'obésité épidémique?
Sur le site de l'Assistance publique – Hôpitaux de Paris, un nouvel espace consacré à l'obésité vient d'être mis à la disposition du public, qui dresse un panorama assez complet de la question.
Assez curieusement le terme d'épidémie est associé à l'obésité ; ainsi on trouve le titre de chapitre suivant « Une épidémie majeure de notre temps », et le terme revient à plusieurs reprise dans les nombreuses pages constituant cet espace. Or la définition du terme « épidémie » ne semble pas renvoyer à la réalité de l'obésité : ainsi au plan lexical, « Une épidémie est la propagation rapide d'une maladie infectieuse à un grand nombre de personnes, le plus souvent par contagion. » , il ne semble pas à mon sens que l'obésité rentre dans ce cas de figure ; par extension une épidémie « est une augmentation d'une maladie endémique ou l'apparition d'un grand nombre de malades là où la maladie était absente » ; cette extension de définition pourrait à la rigueur convenir, à condition bien sûr d'admettre que l'obésité est une maladie, ce qui bien sûr ne va pas de soi pour tout le monde. Il semble bien en effet que la part des part des facteurs culturels et sociaux dans le développement de l'obésité soit plus importante que celle concernant des prédispositions génétiques notamment.. Enfin, passons..
Les enfants très touchés..
Sur la page consacrée à l'obésité chez l'enfant, on apprend qu'en 2005, 11% des enfants et adolescents étaient obèses, et 25% en surpoids. En France, d'après l'enquête décennale de l'INSEE 2002-2003, 11,7 % des moins de 18 ans (12,9 % des garçons, 10,4 % des filles) sont obèses, soit plus de 1,5 millions d'enfants. Entre 4 et 12 ans, la proportion atteint même 13 %, avec un pic pour la tranche des 8-9 ans. « E n comparant les données de deux générations d'élèves, une étude menée sous l'égide de l'Éducation nationale a pu établir que la prévalence globale du surpoids et de l'obésité a augmenté d'un tiers entre 1992 et 2000 pour les enfants âgés de cinq à six ans. »
Et les plus pauvres..
Il est désormais avéré que les plus pauvres sont dans l'ensemble plus touchés que les autres catégories de population, ainsi les régions défavorisées sont plus particulièrement touchées. Ainsi en Seine Saint-Denis, « une enquête menée en 2003-2004 par les médecins de l'Éducation nationale de ce département a révélé une prévalence du surpoids et de l'obésité de 16 % et 13,9 % à six ans (enfants de grande section de maternelle), valeurs supérieures aux données nationales. »
Ces différences seraient dues notamment aux habitudes de consommation, en particulier à la composition chimique des produits d'entrée de gamme ; on comprend donc bien l'intérêt de mieux réglementer la composition de ces produits en termes de santé publique.. Mais la tâche sera rude et longue n'en doutons pas..
Des filles dans l'ensemble plus touchées et des enfants obèses qui le restent à l'adolescence
Toujours d'après la même étude, ce seraient les filles qui seraient les plus affectées avec un total surpoids-obésité de 33,8 % contre 26,5 % pour les garçons. Beaucoup plus inquiétant, les jeunes obèses en troisième l'étaient pour 38,5 % d'entre eux à six ans, et « la probabilité que les enfants obèses et en surcharge pondérale en maternelle le soient toujours en troisième est de 75 % dans cette étude. »
Combien d'obèses en France?
Une autre étude, l'étude obepi dresse un constat encore plus inquiétant puisqu'en 2003 d'après celle-ci l'obésité concernait presque 5 millions et demi de personnes âgées de 15 ans et plus, dont 1,2 millions rien que l'île de France ; à noter quand même qu'au sein de ce chiffre on distingue plusieurs degrés dans l'obésité :

Ce qui est préoccupant, c'est que l'obésité morbide (ou massive) aurait doublé en fréquence entre 1997 et 2003, progressant de 0,3 % à 0,6 %. Elle toucherait désormais près de 300 000 personnes de 15 ans et plus, dont 66 000 en Ile-de-France et pourrait en affecter plus de 132 000 en 2010.
Comparaison avec les données internationales
Mais les français semblent des petits joueurs par rapport à d'autres pays, ainsi les chiffres français sont inférieurs de moitié à ceux observés au Royaume-Uni et aux États-Unis : 22 à 23 % des adultes de plus de 16 ans y étaient obèses en 2003.
Au niveau mondial, il y avait d'après les études près de 300 millions d'adultes obèses en 2003. Avec un record absolu de prévalence aux îles Tonga (Pacifique), où 46 % des hommes et 70 % des femmes étaient obèses en 2000. L'ancien roi du Tonga, feu TUPOU IV TAUFA'AHAU (1918-2006) pesait d'ailleurs 200 kg
Les traitements classiques
Les traitements conventionnels qui conjuguent pratique d'un régime , activité physique et soutien psychologique ne s'avèreraient efficaces que pour les obésités modérées et principalement chez les jeunes. Elles ne sont évidemment pas adaptées aux formes de l'obésité qui sont liés à une prédisposition génétique.
Des médicaments aux effets discutés
Quant aux médicaments, ils restent d'un usage limité, non seulement ils présentent des risques parfois importants ; Certains ont même été retirés du marché (dexflenfluramine) car ils favorisaient l'hypertension artérielle pulmonaire. Quant à la sibutramine (qui limite la prise alimentaire) elle vient de voir son autorisation de mise sur le marché suspendue par l'Agence européenne du médicament (Ema).
Il ne reste à ma connaissance que l'Orlistat (la fameuse pilule Alli) encore sur le marché ; qui inhibe l'absorption des graisses. À préciser d'autre part que Alli n'est pas une pilule pour maigrir mais une pilule qui limite l'absorption de graisse (elle n'agit pas sur les graisses déjà « stockées dans l'organisme). Ne pas oublier non plus au passage que les pilules anti-obésité arrivent en bonne place pour les médicaments commandés sur Internet... et dans la liste des médicaments contrefaits
L'alternative chirurgicale : une piste intéressante?
Pour les formes graves de la maladie, (on parle alors d'obésités « morbide »), le traitement le plus efficace est la chirurgie dite bariatrique . Une étude suédoise menée sur plusieurs milliers de patients, a démontré l'efficacité relative, en terme de perte de poids et de réduction de la morbidité associée à l'obésité, de trois techniques chirurgicales : l'anneau gastrique, la gastroplastie verticale calibrée et le court-circuit gastrique (la plus lourde). Ses résultats à 10 ans ont été publiés en décembre 2004.
Les chercheurs suédois ont suivi 4 047 obèses pendant deux ans et 1 703 obèses durant 10 ans. Au bout de deux ans, le poids a augmenté en moyenne de 0,1 % dans le groupe témoin traité conventionnellement (régime et exercice physique), mais il a diminué de 23,4 % dans le groupe traité par chirurgie.
Le court-circuit gastrique : une chirurgie plutôt radicale (Pour info c'est la solution qu'a retenu le célèbre cocaïnomane Maradona) :

Au terme de l'étude, le poids moyen avait augmenté de 1,6 % dans le groupe témoin et diminué de 16,1 % en moyenne (toutes techniques confondues) chez les patients opérés, l'IMC passant de 40,8 à 31,5 pour les hommes, et de 42,3 à 32,5 pour les femmes. La perte moyenne de poids était de 20 kg avec la technique de l'anneau ajustable et de 45 à 50 kg avec le court-circuit gastrique, la gastroplastie verticale calibrée donnant des résultats intermédiaires.
Pour plus de détails sur ces différentes interventions : http://www.chirurgie-obesite.com/interventions.htm
Sources : http://www.aphp.fr/site/actualite/mag_obesite_sommaire.htm
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Écrit par : chirurgie esthetique | 29.07.2010
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