23.01.2010

Michel Leclerc perd face aux groupements pharmaceutiques

Le Tribunal de grande instance de Colmar vient de condamner le groupe Leclerc (société Gallec) à payer plus de 100 000 euros aux 3 groupements de pharmaciens (UDGPO, Univers Pharmacie et Directlabo). Rappelons que les 3 groupements en question avaient porté plainte suite à la fameuse campagne de pub du groupe pour promouvoir ses espaces de parapharmacie.

La campagne Leclerc dénonçait notamment le prix des médicaments déremboursés, qui « peut varier du simple au triple » ainsi que l'absence d'une vraie concurrence sur le marché des médicaments libre accès. Les groupements se sont donc serré les coudes – une autorisation de mise en vente dans les grandes surfaces constituant bien évidemment un gros manque à gagner pour ces structures – Le jugement oblige aussi Leclerc à publier sur son site http://sesoignermoinscher.com un communiqué sur l'interdiction de citer le prix des médicaments.

L'un des spot de la campagne des magasins Leclerc :

L'un des fameux spot :

Rappelons que l'argument de ME Leclerc, comme quoi une arrivée des hypers dans le circuit des médicaments entraînerait une baisse de leurs prix ne fait pas l'unanimité, en effet en Italie où les grandes surfaces ont obtenu ce droit, les prix constatés dans les supermarchés ne sont pas forcément plus bas, voire dans certains cas sont plus élevés pour certains médicaments, les italiens ont même fait encore plus fort commercialisant dans les hypers des « alicaments » (aliments intégrant des spécialités pharmaceutiques dans leur composition) permettant ainsi de sortir de la gamme de comparaison des prix (et donc de vendre plus cher !) . L'exemple italien ne suffit certes pas à tirer comme conclusion qu'il en irait forcément de même pour la France, mais mérite néanmoins d'attirer la réflexion sur la question.

Ça ne va décidément pas très bien pour ME Leclerc qui en octobre dernier avait déjà été condamné par la cour d'appel de Versailles à verser 23,3 millions d'euros (considérés comme une restitution) à 28 fournisseurs, ainsi qu'un amende civile de 500 000 euros à verser à l'état. Il est reproché à l'enseigne d'avoir perçu de manière rétroactive des remises pour des prestations commerciales non fournies, violant ainsi le code du commerce.

Une version "contournée" du spot Leclerc (par les "forces du bien"?) :

Jamais une somme aussi élevée n'avait été exigée par la justice dans un dossier de ce type. La cour d'appel a également condamné la centrale d'achats à une amende civile de 500 000 euros à payer à l'État, également fixée par le premier jugement, en date du 17 novembre 2005.

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