16.05.2012
L'image de la pharma

On trouve sur le blog pharmanalyse, un billet du qui dresse un compte-rendu de l'enquête
menée en janvier dernier par l’Asocs pour le compte d'Infostat auprès de 400 leaders d’opinion décomposés comme suit :
- 130 leaders économiques ;
- 140 leaders politiques ;
- 130 leaders médiatiques.
Sur leur perception de l'image de l'industrie pharmaceutique au regard de 4 autres secteurs :
- L'industrie automobile ;
- La téléphonie ;
- L'industrie pétrolière;
- La banque.
Les leaders médiatiques plus sensibles aux apparences?
Ainsi à la question "Personnellement quelle image globale avez-vous de chacun des secteurs d’activité suivants ?" (secteurs évoqués plus haut). Les résultats se sont répartis comme suit entre les trois classes de leaders:

La répartition étant peu ou prou la même pour la question d'après : "Personnellement recommanderiez-vous à l’un de vos proches de travailler dans chacun des secteurs d’activité suivants ? "
Fortes nuances en fonction du profil
Ce qui est intéressant dans cette étude, c'est non pas tant la comparaison par secteurs, que celles entre classes de leaders. On notera ainsi que c'est auprès des leaders médiatiques que l'image de l'industrie pharmaceutique est la plus dégradée. Il est particulièrement éclairant par ailleurs pour bien mesurer les différences d'appréciation - et surtout de perception - des différents acteurs, d'étudier attentivement les analyses réalisées à partir des matrices de Llosa dans les diapos 48 à 50.
Des politiques qui gardent les pieds sur terre?
Par contre il est intéressant de constater que pour des points plus sensibles, ce sont les politiques qui semblent le moins à côté de la plaque, même si les questions posées manquent forcément de nuance.
=> à estimer que les prix sont trop élevés, ils sont :
- 60 % parmi des chefs d’entreprise ;
- 64 % parmi les journalistes;
- 80 % parmi les politiques.
=> à estimer que le coût supporté par les ménages pour leurs dépenses de santé est acceptable, ils sont :
- 45% parmi les politiques ;
- 70% parmi les économiques ;
- 59% parmi les médiatiques.
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14.05.2012
Un rendez-vous Russe pour l'internationale de la pharma

Du 22 au 24 mai prochain se tiendra la 18ème édition du RUSSIAN PHARMACEUTICAL FORUM au Corinthia Saint-Petersburg Hotel. On y comptera bien sûr des représentants de la plupart des grosses entreprises du médicament.
Questions de prise en charge
Comme vous ne le savez peut-être pas, l'un des gros problèmes que rencontrent la pharma en Russie, c'est celui de la solvabilité de la demande, en raison d'une part de l'absence d'un système d'assurance maladie digne de ce nom ; le coût des "complémentaires santé" qui pourraient assurer une prise en charge étant par ailleurs inabordable pour la plus grande majorité des Russes.
L'Innovation financière au service de la santé?
Qu'à cela ne tienne, un des intervenants du forum n'est autre que Rifat Atun, expert renommé en gestion internationale de la santé, (il enseigne d'ailleurs cette discipline à l'Imperial College de Londres),
qui s'exprimera à l'occasion de cette conférence sur la question des financements innovants pour améliorer l'accès aux soins... et aux médicaments. Rifat Atun connait probablement son sujet puisqu'il est par ailleurs Principal Advisor on Global Health and Healthcare Innovations à la très helvète Innovative Finance Foundation qui a notamment pour office de trouver des débouchés à la pharma dans les pays émergents et en développement, le tout sur fond de solidarité internationale, et de "bonnes causes" ("Swiss foundation dedicated to creative and sustainable funding of development and social causes")...
Rifat Atun en plus d'avoir été membre d'un nombre impressionnant de comités d'experts (à l'OMS notamment, au PEPFAR, etc) a aussi conseillé de grandes entreprises du médicament telles que Roche, Merck & Co, Pfizer et a récemment rejoint Medixine (société Finlandaise éditrice de solutions E-santé, qui propose des solutions en direction des patients (aide à la médication notamment), des professionnels de santé, voire des collectivités (modèlisation prédictive à l'échelle d'une population). les clients de Medixine sont des établissements de santé, des compagnies d'assurance et des entreprises pharmaceutiques...
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13.05.2012
Critères et recommandations de la Consumer/Patient Engagement Power Team

Je reviendrai sur cette question de manière plus approfondie dans les prochains jours, en comparant avec la situation en France.
>>> The Consumer/Patient Engagement Power Team is assessing the Standards and Certification Criteria NPRM and providing recommendations for strengthening consumer/patient engagement components. The Power Team has prioritized recommendations to enable patients to participate as partners in their care.
Lire ceci :
Consumer/Patient Engagement Power Team Unveils Recommendations
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09.05.2012
Enjeux autour de la place du patient dans l'internet médical

Dans mon dernier billet, j'ai fait allusion à une formation du Pilar Institute en direction des établissements de santé. Comme vous le constaterez si vous consultez les commentaires dudit billet, Denise Silber initiatrice de la conférence Doctors 2.0 y livre quelques unes de ses réflexions sur le sujet, abordant notamment la question du patient.
Cette question de la place du patient dans l'internet médical, destinée à instaurer une "démocratie sanitaire" est bien sûr passionnante, lourde d'implications et porteuse de multiples enjeux. Sans nécessairement "jeter de pierres", et en évitant toujours autant que faire se peut les sirènes du manichéisme, j'essayerai d'aborder dans ce billet et quelques autres à venir, par "petites touches" et sans prétention quelques unes des interrogations dont selon moi on ne saurait faire l'économie.
La question du conflit d'intérêt entre patients et entreprises du médicament
- Quelles places aujourd'hui pour des synergies entre associations de patients et entreprises du médicament? Quelles modalités? Quelles limites?
- Puisqu'avec l'avènement de l'internet, il semble désormais bien vain, et peut-être contreproductif de vouloir supprimer toutes relations entre les patients et les entreprises pharmaceutiques, comment faire pour limiter les abus, et surtout garantir neutralité et indépendance dans l'information dispensée, la relation nouée? Quelles régulations?
Questions complémentaires (à préciser ultérieurement)
- Place des sites d'entreprises pharmaceutiques directement en interface avec le patient (ex : la Voix des patients des laboratoires Roche, les sites de fabricants reliés à des pathologies diverses, ...). Qu'est-il possible de dire et de ne pas dire? Le législateur a-t-il pensé à tous les aspects de la communication? Que penser quand les entreprises du médicament, les groupes médicaux, via leurs institutions représentatives notamment s'introduisent dans le débat sanitaire grâce à la nouvelle tribune d'internet et à la médiation des patients? Doit-on mettre des limites (et est-il possible de le faire)?
L'e-patient professionnel
- Tous les patients ne sont pas égaux
Dans ce champ de l'expression du patient à travers l'internet, on trouve des acteurs qui se situent à l'interface entre les sphères du patient, du médicament, de la communication, et parfois de la sphère médicale. Ce peut être des blogueurs animant un site autour d'une pathologie, des community managers (qui gèrent une page Facebook ou un fil Twitter éventuellement en complément d'une activité de blogueurs), certains profils peuvent aussi par ailleurs collaborer avec des associations de patients, etc.
=> Ce ne sont pas des e-patients, ou des acteurs de "l'e-patienting" comme les autres dans la mesure où ils sont parfois rémunérés soit par des entreprises du médicament, soit par des entreprises de communication travaillant pour ces dernières.
Plus de transparence
Il parait souhaitable voir nécessaire - dans une optique de réelle transparence - que ces profils, et plus généralement les blogueurs et acteurs de l'internet santé - dont je fait partie - déclarent qui les emploie, et dans le cas ou ils sont freelance quels sont leurs commanditaires : Pour résumer, qu'ils soient soumis à des déclarations de conflits d'intérêt au même titre que les professionnels de santé. Cette notion de conflit d'intérêt devant s'étendre selon moi :
- Aux liens directes avec les entreprises ;
- Aux liens indirects (ex : blogueurs / community managers rémunérés par sociétés de communication ou de marketing spécialisé dans la santé).
=> La charte honCode ne suffit pas pour le moment en la matière.
Pour revenir au billet précédent sur l'utilisation de l'internet et des réseaux sociaux (IRS) par les hôpitaux, et faire le lien avec le patient. Ce n'est pas forcément l'utilisation à des fins de marketing de ces nouveaux outils qui m'intéressent le plus, mais surtout "l'ordre des possibles" en termes de communication avec le patient et de participation de ce dernier.
Quelques questions en vrac, à compléter bien sûr :
- Se contente-t-on d'utiliser les IRS à des fins de "promotion" des différentes activités disponibles dans les établissements, des services proposés, etc?
- Propose-t-on aux patients d'évaluer leur séjour l'hôpital de manière plus fine (qu'avec l’indicateur de mesure de satisfaction des patients hospitalisés déjà existant à l'échelle nationale)? et de rendre ces données accessibles aux patients & internautes?
- Permet-on aux patients de communiquer avec d'autres patients de l'hôpital, (via un réseau interne ?), avec des professionnels de santé? Quelles limites à l'exercice? Permet-on aux patients d'accéder aux données les concernant? Dans quelles limites là encore?
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07.05.2012
Internet et la communication externe des établissements de santé

Internet et les réseaux sociaux : L'incontournable du mix communication?
Prendre un instantané de l'offre de formation en direction d'un secteur donné permet en toute logique d'avoir un aperçu des besoins et problématiques que rencontre ledit secteur. Il ne surprendra probablement personne d'apprendre que l'utilisation d'internet et des réseaux sociaux à des fins de communication, constitue un des éléments de l'offre de formation en direction des professionnels de santé.
la formation que j'ai retenue pour cet article (du groupe Pilar institute) porte l'intitulé "Construire le plan de communication d'un établissement ou d'un service de santé sur internet" ; son classement dans la catégorie "e-réputation et réseaux sociaux" est significatif d'une partie des enjeux présents derrière cette formation et plus généralement de l'utilisation d'internet à des fins de communication par les professionnels de santé.
Pertinence de l'ext-communication
L'objectif du cycle tel que présenté dans le descriptif de la formation est "d'évaluer la pertinence et le niveau de communication qu'un établissement de santé peut faire sur internet". Cette précision est bien entendue capitale en ce qu'elle pose les questions de savoir où positionner le curseur en fonction des objectifs retenus, et interroge par ailleurs de manière implicite sur la définition desdits objectifs.
- Communiquer sur le web? Oui mais dans quel but?
Sachant que nous parlons pour cette formation de communication externe.
- Communiquer mais en direction de qui?
Le descriptif de la formation parle de "définir les cibles", citant comme exemple les patients bien sûr, les "partenaires", les "médecins" , mais on peut penser à d'autres cibles : plus généralement les professionnels de santé, les communicants qui peuvent être amener à utiliser les messages dispensés sur le site (presse, blogueurs,...), les investisseurs, ...
Une arme à double tranchant

Une fois définies les cibles, reste bien sûr à définir les stratégies et à élaborer le cadre des messages, sachant que l'e-communication est une arme à double tranchant qui peut rapidement se retourner contre son utilisateur en cas de maladresse : que choisit-on de dire et de ne pas dire? Quelles précédures de contrôle? Quels "garde-fous"?
De l'utilisation pertinente des médias sociaux
Sachant que la communication des établissements de santé est soumise à un ensemble de limites et d'obligations, les "droits et devoirs" sur lesquels je reviendrai ultérieurement, qu'à-t-on le droit de dire?
toutes ces questions vont amener au final à définir un cadre destiné à circonscrire les modalités d'expression des communicants (les "community manager" par exemple), cela s'avèrera d'autant plus important que ces derniers peuvent être amenés à interagir "en temps réel", en particulier avec les réseaux sociaux ; dont les possibilités de modération peuvent varier significativement d'un média à un autre (comparer par exemple Twitter et Facebook sur ce dernier point).
quels sont les enjeux de cette communication pour les établissements de santé :
N'oublions pas que l'un des enjeux essentiels des établissements est d'attirer les patients, cela est particulièrement vrai (mais pas seulement) pour les établissements privés, qu'ils soient ou non à but lucratif. Dans cette optique, la communication externe des établissements hospitaliers peut d'ailleurs s'insérer dans le plan marketing de l'entreprise, les Français sont encore peu habitués à cet aspect de la vie des établissements hospitaliers déjà beaucoup plus développé chez nos amis Américains, ou en Inde pour prendre l'exemple d'un PVD présentant des opportunités de "tourisme médical".
Synergies
Une autre utilisation possible des réseaux sociaux consisterait pour les hôpitaux à fournir des outils de communication à leurs patients, permettant notamment à ces derniers d'échanger avec d'autres patients (ou ex patients) présentant des pathologies comparables, ou d'entrer en contact avec des associations de patients et les professionnels de santé de l'établisement, c'est l'une des positions défendues (et surtout fortement encouragée...) par certains promoteurs de l'e-santé. Derrière ces possibilités de communication on trouve d'autres intérêts qui peuvent être complémentaires, voire même tisser des synergies avec le monde de l'hôpital : Je veux parler des entreprises du médicament, pour lesquelles ces canaux de communications que constituent Internet et les réseaux sociaux sont autant de nouveaux moyens d'entrer en contact plus ou moins indirectement avec les patients et les professionnels.
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